Nouveau Roman | La Colline Théâtre National

Quand on aime, on prend tout, et l'on se régale du jeu des acteurs (pardon à ceux qui ne sont pas cités! ), enlevé et, sur le fond, un peu nostalgique d'un temps où des écrivains ont eu la force, même âpre, de décider de s'unir, au lieu de rester chacun dans son coin. Nouveau Roman, de Christophe Honoré. Avec Brigitte Catillon, Jean-Charles Clichet, Anaïs Demoustier, Julien Honoré, Annie Mercier, Sébastien Pouderoux, Mélodie Richard, Ludivine Sagnier, Mathurin Voltz, Benjamin Wangermee. Cour du lycée Saint-Joseph, à 22 heures. Durée: 3 h 30. Tél. : 04-90-14-14-14. De 14 € à 28 €. Jusqu'au 17 juillet. Avant d'être présenté au Théâtre national de la Colline, à Paris, du 15 novembre au 12 décembre, le spectacle ira à Lorient (10 au 12 octobre), Nîmes (17-18 octobre), Toulouse (23 au 26 octobre), Créteil (7 au 10 novembre). Sur le Web: La présentation du spectacle de Christophe Honoré sur le site du Festival d'Avignon: Un article sur le Nouveau Roman sur le blog "Philippe Solers" avec la photo des auteurs devant l'immeuble des Editions de Minuit: Brigitte Salino (Avignon, envoyée spéciale) Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois Ce message s'affichera sur l'autre appareil.

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Accueil Spectacles Nouveau Roman texte et mise en scène Christophe Honoré du 15 novembre au 9 décembre 2012 au Grand Théâtre du mercredi au samedi à 20h30, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h30 — durée: 2h50 date supplémentaire le samedi 8 décembre à 15h Des archives existent, planquées dans une armoire des Éditions de Minuit. Il faudrait penser à aller les cambrioler. Christophe Honoré Non content d'être auteur de pièces et de romans, cinéaste, metteur en scène, Christophe Honoré invente avec humour un genre nouveau: le spectacle d'écrivains. Sur scène se rencontrent les grandes figures du Nouveau Roman: Simon, Robbe-Grillet, Sarraute, Butor, Duras et leur éditeur Jérôme Lindon; l'inattendue, Françoise Sagan, s'invitera dans le spectacle... Et dans ce paysage d'années soixante, le hors-champ de la guerre d'Algérie sera bien sûr présent. À ses acteurs, Honoré demande de s'approprier leurs personnages sans un sou de ressemblance physique, mais en rêvant sur leur vie et leurs livres, leurs névroses et leurs amours, leurs lubies et leur courage politique.

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Les questions du public, pour faire une pause dans le rythme endiablé de la pièce, apporte aussi une touche d'humour. On est dans l'univers d'Honoré, alors on n'oublie pas la chanson. Reprise de la chanson de Maguerite Duras, superbement interprétée par Anaïs Demoustier (Ludivine Sagnier interpète Brigitte Fontaine). Les écrivains dansent aussi pour mimer leur quotidien, leur travail, leur obsession de la recherche de la forme. La pièce est ponctuée par des entretiens d'écrivains actuels filmés, comme Philippe Sollers, Marie Darrieussecq, François Bégaudeau. Charles Dantzig tente d'analyser la situation de ce mouvement. Comme tous les mouvements artistiques français, ces écrivains ont été très décriés par la critique, par le lectorat. Ils ont été incompris et en même temps ils font la renommée de la France à l'étranger. Il conclut avec une phrase avec laquelle je suis bien d'accord « La France déteste ses artistes ». Sollers considère aussi que le « Nouveau Roman » est une lueur dans la grisaille littéraire de l'époque et aujourd'hui nous sommes dans la nuit.

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Pièce. Représentée pour la première fois, à Avignon, sur le Théâtre de la cour du Lycée Saint-Joseph, le 8 juillet 2012. Résumé Une photo de groupe. Une femme, sept hommes, un peu gênés, car peu habitués à poser devant l'objectif. Ils sont tous romanciers, sauf un: Jérôme Lindon, patron des Éditions de Minuit, qui les a réunis sur le trottoir de la rue Bernard-Palissy. Ainsi prend forme à Paris, un matin d'automne 1959, l'aventure du Nouveau Roman, cette vraie fausse école littéraire qui remet en cause les conventions de l'écriture romanesque, en privilégiant l'expérimentation au détriment de la primauté de l'intrigue et de la psychologie des personnages.

Point de salut pour les déviants: ils portent les stigmates d'une différence qui s'inscrit pour elle-même. Ces différences justifient à elles seules les quasi uniques digressions biographiques sur les auteurs, que ne justifient pas la pièce – c'est dommage, car elles représentent la seule entorse à une écriture et une mise en scène cohérente avec les pratiques actuelles et le sujet abordé. L'acteur est un objet, le cyborg aussi. Mise à part ces scènes qui pèchent tant par leur traitement que par leur mise en scène (ou alors je n'ai pas compris le second degré? ), le reste de la mise en scène est heureusement impeccable, fait de ce fourmillement et des petits couacs qui donnent du réel sur scène. Ce même réel spectaculaire, artificiel au point d'en devenir concret, qui ouvre le spectacle et revient parfois en cassant le rôle de l'acteur et en le faisant parler en tant que tel: « Christophe est timide – je suis son frère et il m'a demandé de vous introduire cette pièce par un petit discours en dehors de la pièce ».